Indécence manifeste de David Lagercrantz

October 2, 2019

David Lagercrantz est surtout connu maintenant, pour avoir écrit le 4e tome de la série « Millenium », Couverture d'Indécence manifestel’excellente trilogie de son compatriote Stieg Larsson. Il pouvait sembler curieux d’avoir demandé à l’auteur de la biographie d’un célèbre footballeur suédois (son seul titre paru alors en France) d’écrire la suite de ce best-seller mondial. Mais notre auteur publie depuis environ 20 ans des biographies et des romans et sans doute le succès de « Ce qui ne me tue pas » a-t-il poussé à traduire un autre de ses livres.

« Indécence manifeste », paru en 2009 en Suède, n’est pas vraiment un roman policier ou alors un roman policier historique, où le contexte est beaucoup plus important que l’énigme. Qui connaissait Alan Turing avant la sortie du film « Imitation game » de Morter Tylden en 2014, film pas vraiment fiable d’un point de vue biographique, mais qui donne une idée du génie scientifique qu’il fut. Il a joué un rôle crucial avec son équipe pendant la 2e guerre mondiale en permettant, par ses travaux la cryptanalyse de la machine allemande Enigma, de déchiffrer tous les messages ennemis. Un secret absolu régna longtemps sur cet exploit.
Cependant, Alan Turing avait une tare gravissime pour les services secrets anglais : il était homosexuel et ne s’en cachait pas. Or, dans le contexte de guerre froide qui régnait après la guerre, la chasse aux espions occupait tous les esprits gouvernementaux. Un certain nombre de ceux qui avaient été découverts étaient homosexuels, d’où suspicion et surveillance. Le scientifique avait été condamné à prendre un traitement hormonal, censé le guérir de sa « déviance ».

« Indécence manifeste » décrit bien cette paranoïa ambiante et cette chasse aux « homos » qui peut

Photo de david Lagercrantz
David lagercrantz

sembler incroyable aujourd’hui, mais en sommes-nous si loin ?
L’inspecteur Léonard Corell, jeune policier qui a perdu la foi dans son métier, s’intéresse à Alan Turing et sa mort plutôt mystérieuse. Il veut comprendre qui est cet homme, pourquoi il était surveillé. Il finira par découvrir ce qui devait rester dans l’ombre et se heurtera aux services secrets.
L’intérêt de ce roman, plus roman historique que policier, réside dans la description de cette époque du début des années 50, de cette ambiance de soupçon que nous avons oubliée ou pas connue, du cynisme des services secrets, de la véritable haine et du rejet vécus par les homosexuels. Rien ne prouve qu’Alan Turing ait été assassiné, mais rien ne prouve non plus qu’il se soit suicidé. Son autre point fort est le personnage du policier, qui s’attache à une enquête qu’on ne lui demande même pas d’approfondir. Léonard Corell va se remettre en question, se positionner, évoluer et finalement se libérer et trouver sa place.

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