Compte-rendu de la réunion du Comité Ados

13 personnes présentes

 

Les projets en cours dans les bibliothèques et centres de documentation

 

A la médiathèque départementale ont lieu des restructurations et un élargissement des missions notamment en direction des collèges.

A la bibliothèque Europe, à  Colmar, il y a un fonds « ado » à part. Quelques grands lecteurs le fréquentent. Ils se tournent vers une lecture « plaisir ».  Les jeux vidéo et les DVD permettent d’attirer le public qui emprunte ensuite.

Au Pôle Média Culture (Colmar), les pré-ados (10-12 ans) viennent pour internet et les jeux vidéo. Les plus âgés (12 ans et plus) viennent en groupe et s’approprient le lieu. Les nouveautés, les séries et les coups de cœur fonctionnent bien. Il y a une collaboration avec Camille Reitter (documentaliste au collège Victor Hugo). Les 6èmes  viennent visiter le lieu, bénéficient d’une séance sur le catalogue et de lecture d’albums à voix haute. Il y a un projet de booktubeurs ainsi que des coups de cœurs mis en ligne.

A la bibliothèque Grillenbreit (Colmar), la section adulte a fermé. Diverses initiatives ont été mises en place pour redynamiser le site (bibliothèque de rue, venue dans les classes, contes…).  Le secteur « pré-ado » et  « ado » est en développement. Des smiley sont apposés pour les juniors. Des contes bilingues et trilingues ont été proposés. Un partenariat est en cours pour des animations autour des jeux de société.

Karen Noel, de la BDBR de Truchtersheim, nous parle de l’ouverture, à Villé, de l’espace « ado ». On y trouve des bandes-dessinées ainsi que des jeux vidéo. Ils attirent également les emprunts. Un travail est mené avec l’espace « ado » de la MJC.  Il y a une programmation commune conjointe notamment autour de la création numérique et des coups de cœur. Au collège de Villé existe un comité « ado ». Des coups de cœur sont aussi proposés avec la présence d’un libraire. Mais il y a un essoufflement. Les professeurs ne disposent pas du temps nécessaire pour fréquenter la bibliothèque. La médiathèque a un projet de club ado autour du livre, du cinéma et de la musique.

Camille Reitter pratique le speed-booking. Cette présentation rapide permet de faire découvrir le fonds d’ouvrage en anglais aux 3èmes et 2ndes. Il a beaucoup de succès et incite les élèves à revenir au CDI. Achat de livre des collections Tip Tongue, Harrap’s…

Un « Deutschlitteratur Kafee » a vu le jour également. La présentation de livres se fait en binôme, suivie d’une auto-évaluation. Des pâtisseries accompagnent cette animation. Les livres proposées font partie des éditions Talents hauts et Le Pont du livre, notamment. Les élèves peuvent d’ailleurs participer aux acquisitions avec leur professeur de langue.

Des actions en direction des 3èmes sont aussi menées par Camille, qui vient présenter un livre pendant les 20 dernières minutes de l’heure de cours. Il existe aussi une semaine à thème.

Céline, à la bibliothèque de Bollwiller a mis en place une signalétique sous forme de hamburger. Elle souhaite distinguer les rayons pour jeunes et grands adolescents. Elle a créé une section bande-dessinée pour adolescents avec, par exemple, la série Tamara. Des mangas complèteront le fonds. Il y a également un projet de ludothèque. La page Facebook de la bibliothèque peut être utile pour choisir les livres.

Au CDI du lycée agricole de Rouffach, Claire Klein a mis en place un café/bouquins toutes les trois semaines avec 10/12 lycéens. Les élèves font beaucoup de suggestions d’achats et d’échanges entre eux. On peut venir juste pour écouter. Il y a un partenariat avec la médiathèque de Rouffach. Les classes de 2nde vont la visiter. Claire fait part des travaux réalisés à partir de l’exposition de Benjamin Lacombe que la médiathèque a accueillie dans le cadre du Salon du livre. Elle a un fonds d’albums dans le CDI.

A la médiathèque de Kaysersberg, il y a également un partenariat avec les collèges d’Orbey et de Kaysersberg. Les élèves viennent faire leurs devoirs et disposent d’un coin à eux. Les bibliothécaires disposent d’un budget spécifique pour faire venir des auteurs une fois par an. Elles se déplacent ensuite avec l’auteur auprès des classes. A la médiathèque, les mangas, bandes-dessinées et  romans graphiques ont du succès.

Au collège de l’Assomption de Colmar, le public est nombreux (20/30 élèves par heure). Beaucoup viennent lire. Ils font des demandes d’acquisitions et emmènent aussi leurs livres. Toutes les 5 à 6 semaines, le présentoir thématique est renouvelé. Il y a aussi des coups de cœur. Projet autour des citations de lectures faites au CDI, élection des « Iliketions » et club lecture à voix haute. Beaucoup d’élèves viennent discuter de leurs lectures.

 

Livres présentés au comité

Tous les titres ont été choisis dans les collections jeunesse. Le débat a permis aux participants de s’exprimer et d’échanger leurs avis.

 

Au bout du voyage de Meg Rosoff Albin Michel coll. Wizz 2014

Couverture d'Au bout du voyageLe père de Mila, Gil, décide de  se rendre chez son ami Matthew aux Etats-Unis. Mais celui-ci a disparu. Un road-movie entraîne Mila et Gil chez la femme de Matthew puis dans une cabane à la frontière canadienne. Grâce à sa sensibilité et sa clairvoyance, la jeune fille parvient à résoudre elle-même le mystère. Elle se rend compte que son père sait où est son ami et découvre la deuxième famille de Matthew.

Roman initiatique. Mila découvre le monde des adultes. Le livre présente des thématiques fortes et singulières. Il n’y a pas de manichéisme. C’est l’un des seuls romans qui aborde la disparition d’un adulte, la complexité du monde des adultes et le sens de leur vie. Le style est un des points forts mais le manque de rebondissements peut laisser un adolescent sur sa faim.

La relation de Mia avec ses parents est conçue sur un autre modèle relationnel qu’habituellement (cf « Nous formons une bonne équipe »).Il y a cependant un décalage entre la maturité du personnage et son âge dans le roman (12 ans).

La couverture « vintage » donne une connotation « rétro ».

A partir de 13 ans au moins.

 

Les Brumes d’Avallach de Marah Woolf M. Lafon 2014

Premier volume de la trilogie.

couverture des Brumes d'AvallachAprès le décès de sa mère, Emma, 17 ans, va habiter chez son oncle Ethan, sa femme et leurs quatre enfants. Elle quitte les Etats-Unis pour l’île de Skye en Ecosse. Elle y fait la connaissance de Calum, le fils adoptif du docteur Ericksson. Les deux jeune gens tombent amoureux. Mais, une menace pèse sur eux : Calum fait partie du peuple de l’eau, les Shellycoates. Ceux-ci ont interdit toute union avec les humains. Malheureusement leur secret est dévoilé et  les jeunes gens doivent se présenter devant l’assemblée du Grand-conseil des Shellycoates.

La suite n’est pas encore disponible. La couverture est attractive. Le parallèle est rapidement établi avec la série Twillight. Le personnage d’Emma peut paraître un peu stéréotypé. Le rythme, un peu lent au départ, s’accélère rapidement par la suite.

La famille de l’oncle est très accueillante. Une amitié sincère se noue entre Emma et sa cousine. Les émotions amoureuses sont bien décrites. L’écriture dégage aussi une certaine sensualité. Il y a un côté romance qui fait rêver. Il est d’ailleurs rarement question de sensualité dans la littérature fantastique.

Le livre est autoédité. Sur le site de l’auteur, il est possible de dialoguer.

A partir de quel âge le conseiller ? 13/14 ans.

 

La Pyramide des besoins humains de Catherine Solé Ecole des loisirs 2015

couverture de la pyramide des besoins humainsChristopher, un adolescent, vit dans la rue suite à des disputes avec son père.

Il s’inscrit dans un jeu de téléréalité qui utilise la théorie de Maslow sur les besoins humains. Il devient célèbre. Il s’agit d’un premier roman. La couverture, choisie par l’Ecole des loisirs, est plus touchante que d’habitude.

C’est un des premiers romans qui a pour personnage principal un adolescent SDF. L’histoire est hyperréaliste. On suit le quotidien de Christopher pour trouver de l’argent, pouvoir se nourrir, s’habiller. C’est une histoire terrible. Elle met en évidence le danger des réseaux sociaux. Ce thème aurait d’ailleurs pu être plus poussé. La fin est  un peu extravagante.

Ce roman a le mérite de poser la question du rôle de la société auprès des jeunes en difficulté. C’est un livre dérangeant. Il ramène à la peur de chacun d’être marginalisé. Christopher ne se plie pas aux règles. Il est question de la liberté et de son prix. Le milieu de la rue est très violent et l’indépendance du jeune homme, chère payée.

A conseiller à partir de la 4ème, 3ème.

Eric Pessan a aussi écrit un lroman d’initiation autour de deux adolescents en fuite (« Aussi loin que possible » Ecole des loisirs, 2015).

 

Vassili Volkovitch Le Serment de Carole Trébor Gulf Stream 2015

Couverture du SermentVassili a été élevé à la cour d’Ivan IV le Terrible. Il souhaite épouser Olia mais doit d’abord combattre les Tatars à Kazan. Lorsque Vassili revient, Olia est portée disparue et déclarée morte. Le jeune homme décide d’enquêter. Il doit aussi retrouver son oncle. C’est lui qui lui a enseigné les pouvoirs des Volkovitch, ceux du Souffleur, capable de faire vivre les esprits de la Communauté des trois.

C’est le préquel de la trilogie Nina Volkovitch. Ce roman initiatique est très construit et l’action omniprésente. Il s’agit d’une histoire à la fois fantastique et historique. Le roman est bien écrit. La suite de l’histoire, dans les autres volumes, reprend en 1941 sous Staline, pendant la Guerre Froide.

Le roman permet de découvrir l’âme russe. Il y a beaucoup de personnages. Les descriptions, notamment celles du Kremlin, sont intéressantes et donnent à l’histoire un aspect filmique. Le livre ferait un bon scénario.

L’auteur a vécu en Russie. Elle est historienne et réalisatrice.

Les sujets abordés sont originaux.

Carole Trébor est un des auteurs de la dystopie U4, parue fin 2015.

Olga Lossky a aussi écrit des romans se déroulant en Russie chez Gallima

Aurélie Bouleau